Terrains inconnus (Partie 3)

November 4th, 2011

Je me réveille doucement avec la chaleur du soleil qui flotte au dessus de ma tête.

J’ai faim et je mets mes bottes boueuses pour rejoindre l’arbre au fruit succulent.
Un de ces fruits pend au bout d’une branche juste à ma hauteur. Il est rond et sa surface est d’un doux dégradé de mauve à rose. Je le cueille et prend une énorme bouchée en m’exaltant. Le goût sucré de la barbe à papa qui se mêle à la fraîcheur de la menthe en passant par une note d’agrume envahi mon palet. Mes jambes fourmillent, mes petits yeux du matin s’ouvrent complètement et mon ventre s’agitte. Je sent l’énergie monter rapidement et j’en cueille quelques-uns pour les mettre dans mon sac, ils seront utile pour la montée du Mont Pélatine.

Je ramasse mon équipement et emballe le tout pour recommencer mon excursion là où je l’avais abandonné. Je continue à marcher dans ce bois infini, accompagné d’étranges sons d’animaux surexcités. Le Mont se rapproche au loin mais un voile de brume le rend discret. Tant de végétation inconnue : des sapins rouges qui s’agitent lorsqu’on les touche, des fleurs aux senteurs de chocolat et à l’apparence venimeuse, d’énormes arbres feuillus qui jètent leurs feuilles mortes sur ma tête créant une poudre envahissante quand je les époussette et de nombreuses fougères fraichement écloses qui ont toutes leur propre teinte de vert fluo.

Je vous écris plus tard, je dois recommencer à explorer!

Terrains inconnus (Partie 2)

November 3rd, 2011

Je suis sur le bord du précipice et le sommeil attend mon saut. Le craquement du feux éloigne les bêtes sanguinaires et je regarde le ciel dans mon confortable sac de couchage en plumes.

Une petite chose se pose rapidement sur une branche dans mon champ de vision. Se fondant dans la nuit, son pelage doux et frêle reluit à la lumière de la lune. L’animal aux minuscules dents étincellantes se promène nerveusement sur sa branche en quête de quelque chose. Elle s’empare soudainement d’un gros fruit et le dévore en émettant des sons buccaux. Elle se tourne finalement et montre ses ailes de petite chauve-souris affamée. L’odeur de ce fruit parvient à mes narines et exprime ses notes d’orange, de kiwi et de noix de coco. J’ai l’eau à la bouche, mais je dois dormir. Nous verrons demain ce qu’est ce fruit et quelles sont ses propriétés.

Je souhaite à ma nouvelle amie un repos réparateur et je le souhaite à vous aussi, assidûts lecteurs!

Terrains inconnus (Partie 1)

November 2nd, 2011

Je marche en trainant avec moi de multiples bruits de chaudrons se cognant entre eux. Mes bottes sont pleines de boue qui ne cesse de s’accumuler et alourdi mes pas. Le son de mon reniflement bruyant dû au froid envahi l’atmosphère ténébreuse. Je commence mon périple à le recherche d’une nouvelle recette.

Des champignons à tête rayée qui émanent des odeurs de sucre sont éparpillés de chaques côtés du sentier épongé d’eau. Une brume cottoneuse noie la forêt et je m’y faufille sans trop savoir ce qu’il y a devant moi. Je suis accompagné par quelques hurlements lointains d’animaux qui semblent se battre.

Le premier ingrédient de cette recette est une plante dont j’ai récemment entendu parlé dans un magazine spécialisé. J’ai besoin de sa fleur qui, une fois dans l’eau, la fait bouillir avec un gaz qu’elle ne crée qu’une fois durant sa courte durée de vie.

Je vous reviens lorsque je réussi à m’en emparer!

L’étire-cirier

November 1st, 2011

Chaque année, il y a courte période qui accentue mon impatience habituelle. Celle de la récolte de L’étire-cirier. La fin de l’automne, plus précisément le mois de novembre, est le meilleur moment d’approvisionnement de cire qui servira à nous éclairer durant tout l’hiver.

Ce petit arbre méconnu au formes dégoulinantes à un aspect assez repoussant.

Dépourvu de feuilles et ayant une écorce noire à senteur de brulé, on croirait que cet arbre fût victime d’un grand feu de forêt ravageur. Détrompez-vous, car il est bel et bien vivant et est aussi un extraordinaire spécimen. Durant la période de cire, l’écorce n’est plus visible sous la couche épaisse de cire blanche (sève) qu’il produit et c’est un parfait moment pour la récolte.

L’étonnante cire de l’étire-cirier a une propriété fort intéressante qui lui permet de brûler éternellement. Si on ose cependant éteindre la flamme qu’une seule fois, on ne peut s’en servir à nouveau!

Je la récolte alors à chaque année en oubliant qu’il ne faut l’éteindre…

Si jamais vous entendez parler d’un Rappel-étire-cirier, je suis preneur.

La Sucrouille!

October 31st, 2011

Vampires, zombies et chauve-souris, c’est aujourd’hui votre fête. Vous courrez chassant le sucre ou bien vous en ferai don en échange d’agissements étranges.

Dans mon petit lab bien lugubre je profiterez de ma nouvelle invention botanique la Sucrouille.

Grosse courge rayée en teintes d’orangé, elle s’apparente à la modique citrouille.

Mais lorsque vous la cuisez, a de quoi faire taire une bavarde grenouille.

Ce fruit maintenant noirci deviendra mou et aura un goût de réglisse.

La partager est un bien grand suplice,

Mais comme sa grosseur est titanesque,

Mieux vaut inviter nombre de convives horrifiantes pour un repas cauchemardesque!

Ayez une fête d’Halloween remplie de saveurs, de sang et d’horreur!

La bibliothèque

October 29th, 2011

Le savoir est une curieuse chose. C’est un repas que ne se termine jamais et qui nous donne encore plus faim.

J’ai une bibliothèque derrière moi. Elle est usée, fait quelques sons étranges et détient une force méconnue pour tenir encore debout. Elle est habituellement remplies d’objets ayant vécus une autre vie dans un endroit reculé. De nombreux livres y sont empilés de façon aléatoire et des manuscrits sont insérés entre ceux-ci. Quelques pots enfermant des organismes aux formes extravagantes servent d’appui pour ces livres trop nombreux.

Mais aujourd’hui, il n’y a rien. Cette bibliothèque est aussi affamée que moi. Hé oui, elle vient du même endroit que mon armoire. Cependant, elle doit être nourrie de savoir, et ce, continuellement. Vous me direz combien c’est dommage que toutes ces données accumulées se retrouvent perdues à jamais dans un estomac de bibliothèque. Je vous réponderez : les connaissances sont comme la nourriture, quand on y a gouté on se rappelle du goût que ça a. Par contre, trop en savoir peut crée une indigestion, mais c’est un autre sujet.

À demain, je dois remplir cette bibliothèque avant qu’elle veuille me manger, moi.

Le Potenpot

October 28th, 2011

J’ai un vieux pot de vitre vide sur mon bureau. En fait, j’en ai une dizaine et je ne sais plus quoi en faire. Ces pots ne sont pas que des pots que l’ont rempli jusqu’au bon niveau.

Ils sont de précieux objets ramenés d’un pays trop loin pour s’y déplacer en vélo.
Ce pot (car tout à débuté avec un seul) a de biens beaux attributs, mais peut confondre n’importe quel sot. Il suffit de glisser sa main à l’intérieur comme si l’ont retirait un objet et un autre pot en sortira. Cela vous fera maintenant deux pots. Vous pouvez alors ranger soigneusement quelconques trouvailles dans ce dit pot et le remettre dans l’original.

Cependant, il est facile de se perdre avec tout ces récipients vitrés. N’oubliez surtout pas de tout ranger dans le premier pot au risque d’être perdu comme un jeunot.

L’extracteur

October 27th, 2011

Un vieux gramophone est posé sur une petit table ronde dans un coin sombre de la pièce où je travaille. Il est poussiéreux mais joue encore très bien ses valses et symphonies pour m’accompagner durant la nuit.

Ce gramophone est un souvenir bien particulier…

Je devais me rendre chez un client qui avait un cas unique de problème au niveau de ses oreilles. Ce client était un passioné de musique, une encyclopédie et une denrée rare remplie de connaissances approfondies sur le sujet. Malheureusement, cette passion ne lui faisait plus. La musique se frayant un chemin régulièrement jusqu’à ses tympans, décida de ne plus s’y rendre mais de découvrir d’autres horizons… La vibrations des violons, le chant de la clarinette et le grognement du tuba s’accumulaient maintenant dans ses lobes d’oreilles.

Le pauvre avait maintenant des lobes gros comme un homme! La musique s’y accumulait jours après jours et je devais absolument y remédier. Je lui bricola un extracteur à musique. Attaché d’un bord à l’autre de ses oreilles, cet appareil planté dans ses lobes extirpait les sons et nous offrait ce chaos musical jusqu’à ce que le jus soit extrait complètement.

Ravis de cette invention, le pauvre au gros lobes (maintenant tout flasques et étirés) m’offra son merveilleux gramophone.

L’éclairagiste

October 26th, 2011

Ma lampe de bureau à de drôles d’agissements. Quoique fort utile lors de circonstances appropriées, sa perpétuelle manie de suivre mes mouvements est un peu gênante! L’expérimentation d’emprisonnement d’âme dans une ampoule n’était peut-être pas ma meilleure idée et le choix du sujet aurait pu être autre chose que l’esprit d’un défunt éclairagiste de scène…

Sons et frissons

October 24th, 2011

J’ai entendu un son à l’extérieur de La grotte hier dans la nuit glacée, humide et éclairée par une lune qui surveille tous vos gestes. Un son qui entre sans avertir dans vos veines pour vous les glaçer. Un son qui vient hameçonner toutes vos craintes bien enfouies dans les bas fonds de votre cage toracique et les ressort par vos pores de peau sous forme de gouttelettes lisses.  Un son creux qui exprime une profonde haine épineuse. Un animal, un être mystique, féroce et aggressif y est pour quelque chose.

Cette forêt dense et lugubre qui entoure La grotte regorge de bêtes maléfique, mais celle-ci les domine tous. Avec une seule vibration caverneuse de ses cordes vocales robustes, elle les fait tous fuir. C’est un soir où je ne m’y aventurerai guère même pour y trouver l’ingrédient qu’il me faut pour finir ma recette. Cependant, je dois le faire, car ce cri, il me le faut.

Ce cri est précieux et d’une rareté inestimable. Souhaitons que la chasse se déroule bien. Je m’équipe de ma fiole à sons et je m’y aventure cette nuit.

P.S La concotion précédente à bien remplie ces fonctions. La potion servait de digestif et mon client peut maintenant avaler facilement sa douzaine de burgers bacon fromage. C’est toujours mieux que ces succulent nains innoncents dont il me parlait…

« Older Entries
Newer Entries »